// LES TROPHÉES DU RÉEMPLOI – par Mélanie LABORDE //


Le mois derniers, j’écrivais un article sur les objets en fin de vie que je retrouvais le long des rues, dans l’aspiration d’un nouveau foyer qui viendrait les remettre sur pieds. Ils espéraient dans l’ombre d’une ruelle une autre fin de carrière que celui du si court circuit de la « revalorisation énergétique », terme politico-poétique, qui évoque une fin définitive, lorsque l’on en vient à brûler toute ses calories.

La plupart du temps, c’est la nuit, au détour, qu’un verre en compagnie d’amis, m’a fait faire, avant de rejoindre ma propre habitation, que je rencontre le long des rues, ces chers objets, pensés obsolètes. Parfois, j’en remets certains en selle et ils repartent de plus belles dans mon quotidien.

C’est ainsi, qu’un soir, certainement par l’influence planante au dessus de Paris des JO 2024, que j’aperçois la silhouette d’un objet, sens dessus-dessous, derrière les barreaux d’une grille, formant comme un alignement de javelot en une haie d’honneur. Il était là le vainqueur du réemploi, le champion de la réutilisation, le médaillé de tous les honneurs (ou pas).

Retournée sur son toit, une voiture offrait sa partie la plus vulnérable, rehaussée d’un plateau et habillée d’un filet. On lui avait renforcé son bas-de-caisse.

Était-ce une envie de tuning ? De puissance, de vitesse ? Pas du tout, car elle tablait, immobile, au milieu d’un jardin, offrant quelques rebondissements pour qui la voyait ainsi: elle était devenue table de ping pong.

Impossible n’est pas réemploi !

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